Une décision de la Cour de cassation vient bouleverser les règles du jeu en matière d’assurance habitation. Les victimes d’un vol commis pendant leur sommeil se voient refuser toute indemnisation pour un simple oubli : avoir laissé une fenêtre entrouverte durant la nuit.
Un cambriolage en pleine nuit à La Seyne-sur-Mer
C’est durant l’été 2017 que tout bascule pour ce couple varois. Pendant leur sommeil, des cambrioleurs ont profité d’une porte-fenêtre entrouverte pour s’introduire dans leur domicile.
Les malfaiteurs ont escaladé jusqu’au balcon avec une discrétion remarquable. Une fois à l’intérieur, ils ont dérobé les clés et les véhicules du couple, sans même réveiller les occupants.
Le refus catégorique de l’assureur
Avanssur, devenu depuis AXA France IARD, a opposé une fin de non-recevoir à la demande d’indemnisation. L’assureur s’appuie sur une clause contractuelle précise concernant la couverture du vol.
Selon cette clause, la garantie ne s’applique que si les accès sont verrouillés et fermés. La porte-fenêtre laissée entrouverte constituait donc, aux yeux de la compagnie, un motif valable de refus.
Une première victoire devant le tribunal toulonnais
Refusant cette interprétation, le couple décide de saisir le tribunal de grande instance de Toulon. Leur avocat conteste la nature juridique de cette clause.
L’argumentaire repose sur une distinction fondamentale : cette clause constitue une exclusion de garantie, qui doit obligatoirement être mise en évidence dans le contrat. Le tribunal toulonnais accueille favorablement cette analyse.
Les magistrats condamnent l’assureur à verser environ 30 000 euros aux victimes du cambriolage.
L’appel et le revirement judiciaire
La cour d’appel d’Aix-en-Provence renverse totalement la situation. Les juges du second degré considèrent que l’obligation de fermer les fenêtres représente une condition de garantie, et non une exclusion.
Cette nuance juridique change radicalement la donne. Une condition de garantie n’est pas soumise aux mêmes exigences de mise en évidence qu’une exclusion.
La confirmation par la plus haute juridiction
Le 2 avril 2026, la Cour de cassation tranche définitivement l’affaire. Elle valide l’interprétation retenue par la cour d’appel, donnant ainsi raison à l’assureur.
Cette décision suscite immédiatement les préoccupations de nombreux spécialistes du droit des assurances, qui en mesurent les conséquences potentielles.
Des conséquences inquiétantes pour les assurés
L’avocat du couple délivre un message sans équivoque aux propriétaires et locataires. Dormir avec une fenêtre ouverte peut désormais conduire à la perte totale de la couverture d’assurance en cas de cambriolage.
Cette jurisprudence crée un précédent juridique majeur qui pourrait s’appliquer à de nombreux contrats d’assurance habitation. Les assurés devront redoubler de vigilance, même lors des chaudes nuits d’été.

