La catastrophe du Constellation, qui a coûté la vie à 41 personnes, révèle aujourd’hui un scandale administratif d’une ampleur inquiétante. Les enquêteurs ont mis au jour des pratiques frauduleuses au sein même de l’administration communale, jetant une lumière crue sur les défaillances qui ont précédé le drame.
Une fraude documentaire découverte après le drame
Les autorités ont identifié un agent municipal de Crans-Montana qui aurait falsifié des documents officiels en se faisant passer pour un professionnel qualifié. Cette manipulation administrative remonte à deux semaines avant l’incendie meurtrier.
L’homme aurait exploité le nom d’un ingénieur sans son consentement pour apposer une validation sur des dossiers de construction. Ces approbations frauduleuses concernaient directement les aménagements du bar tragiquement détruit.
Licenciement immédiat et rupture de confiance
Suite à son audition par les forces de l’ordre, l’employé a été démis de ses fonctions pour fabrication de faux. La municipalité a pris des mesures radicales dès la confirmation des faits.
Le Conseil communal a justifié cette décision par une “rupture de confiance” totale. Toute forme de coopération avec cet agent a été interrompue dans l’attente des conclusions d’une investigation interne approfondie.
Suspension préventive en urgence
La collectivité locale a agi rapidement pour se distancier de ces agissements. La mise à pied a été prononcée sans délai, témoignant de la gravité exceptionnelle de la situation.
Des travaux réalisés sans garanties professionnelles
L’aménagement de la terrasse de l’établissement n’avait pas bénéficié des compétences techniques requises. Les responsables du bar, Jacques et Jessica Moretti, avaient pourtant lancé un projet de fermeture d’espace extérieur.
Ce chantier nécessitait normalement une procédure d’exposition publique du dossier. Cependant, les plans ont été élaborés par un dessinateur dépourvu de la certification d’ingénieur obligatoire pour ce type d’intervention.
Chronologie d’un scandale révélé tardivement
La supercherie n’a été décelée qu’en début janvier, plusieurs semaines après la catastrophe qui a endeuillé la station alpine. Cette découverte tardive soulève des interrogations sur les mécanismes de contrôle en place.
L’agent incriminé faisait déjà l’objet d’une inculpation dans le cadre de l’enquête pénale ouverte suite au sinistre. Les nouvelles révélations alourdissent considérablement son dossier judiciaire.
Des questions sur l’intégrité administrative
Romain Jordan, représentant légal des familles endeuillées, dénonce vigoureusement le climat administratif régnant à Crans-Montana. Il s’interroge publiquement sur la probité des procédures habituellement appliquées par la commune.
Cette affaire met en lumière des dysfonctionnements systémiques qui dépassent le cadre d’une simple erreur individuelle. Les victimes et leurs proches exigent désormais des réponses sur les responsabilités collectives.

