Le géant britannique Virgin s’apprête à bouleverser le transport ferroviaire transmanche. Après avoir quitté l’Hexagone en 2001, le groupe revient en force avec un projet ambitieux qui pourrait redéfinir les voyages entre la capitale française et le Royaume-Uni.
Une offensive majeure sur la liaison transmanche
Le retour de Virgin sur le marché ferroviaire français s’annonce spectaculaire. Le groupe prévoit de lancer 13 liaisons quotidiennes entre Londres et Paris d’ici 2030, une initiative qui ajouterait près de 4,75 millions de sièges chaque année sur ce corridor stratégique.
Cette offensive ne se limite pas à Paris. Virgin compte également proposer quatre allers-retours quotidiens vers Bruxelles et trois vers Amsterdam, créant ainsi un véritable réseau européen concurrent.
Les autorisations déjà en poche
Le projet avance concrètement. Le régulateur britannique ORR a déjà accordé son feu vert pour exploiter le tunnel sous la Manche jusqu’en 2040, autorisant jusqu’à 20 allers-retours quotidiens.
L’entreprise a également sécurisé une base opérationnelle au dépôt ferroviaire de Temple Mills, qui accueillera le stationnement et l’entretien de sa flotte.
Un partenariat stratégique avec Alstom
Virgin a signé un accord stratégique avec le constructeur ferroviaire Alstom pour l’acquisition de 12 trains à grande vitesse Avelia Stream. Un investissement colossal de 650 millions d’euros qui témoigne du sérieux du projet.
Les obstacles administratifs à franchir
Malgré ces avancées, plusieurs étapes cruciales restent à franchir. Virgin doit encore déposer sa demande d’autorisation d’exploitation auprès de Getlink, l’opérateur du tunnel sous la Manche.
L’obtention des sillons ferroviaires auprès de SNCF Réseau constitue également un défi majeur. Ces créneaux horaires sont essentiels pour permettre aux trains de circuler sur le réseau français.
Le Brexit complique la donne
Josh Bayliss, dirigeant du groupe, reconnaît les difficultés liées au contexte politique : “Le Brexit a rendu les choses beaucoup plus compliquées”. Les procédures douanières alourdissent désormais les formalités pour les voyageurs.
Pour y remédier, Virgin mise sur la reconnaissance faciale et d’autres technologies innovantes destinées à fluidifier les contrôles frontaliers.
Un positionnement haut de gamme à prix attractif
Contrairement aux compagnies aériennes low-cost, Virgin ne cherche pas à être le moins cher du marché. Le groupe ambitionne plutôt de proposer une qualité supérieure à des tarifs compétitifs.
Josh Bayliss précise la stratégie : “Nous ne sommes pas Ryanair, nous essaierons de proposer de meilleurs services à des prix plus bas”.
Des trains modernisés et connectés
Le confort des passagers sera au cœur de l’offre. Les nouveaux trains intégreront davantage d’espaces de stockage pour les bagages et proposeront une connexion wifi via le réseau satellite Starlink.
L’entreprise compte également sur la modernisation en cours de la gare du Nord à Paris pour améliorer l’expérience globale des voyageurs.
Une rentabilité à long terme
Virgin anticipe des pertes financières durant les premières années d’exploitation. Le groupe estime qu’il faudra environ cinq ans avant d’atteindre le seuil de rentabilité.
Ce pari sur l’avenir témoigne de la confiance du groupe britannique dans le potentiel du marché ferroviaire européen, malgré les défis réglementaires et économiques.

