L’obésité ne cesse de progresser en France. Là où seulement 9 % des adultes étaient concernés en 1997, ils sont désormais 17 % en 2020. Au-delà des chiffres, cette pathologie multiplie les dangers sanitaires, notamment en matière de cancérologie. Mais une découverte scientifique majeure pourrait changer radicalement notre approche du dépistage.
Une épidémie silencieuse qui s’installe
Les causes de l’obésité sont multiples et complexes. Entre facteurs génétiques, troubles hormonaux et pathologies mentales, l’équation varie d’un individu à l’autre.
L’alimentation et le niveau d’activité physique jouent également un rôle central dans cette progression inquiétante. Face à cette réalité, les autorités sanitaires cherchent des outils de prévention plus précis.
Treize cancers directement liés au surpoids
Le lien entre obésité et cancers n’est plus à démontrer. Treize types de tumeurs sont ainsi favorisés par l’excès pondéral : pancréas, côlon, foie, reins, thyroïde, méninges, sein, ovaire, entre autres.
Ces pathologies représentent une part importante des diagnostics oncologiques annuels. Pourtant, tous les tissus adipeux ne présentent pas les mêmes dangers.
Une carte du risque selon la localisation des graisses
Une vaste équipe internationale de scientifiques vient de publier en 2025 dans le Journal of the National Cancer Institute des résultats qui bouleversent les connaissances actuelles.
Leur travail s’est concentré sur cinq types de répartition graisseuse différents : sous la peau du ventre, autour des organes du tronc, dans les cuisses et fessiers, dans le foie, et au niveau du pancréas.
La graisse abdominale sous-cutanée : un danger ciblé
Les tissus gras situés sous la peau du ventre augmentent significativement les risques de cancers du foie, de l’endomètre et de l’œsophage.
Paradoxalement, cette même graisse diminue les probabilités de développer certaines formes de cancer du sein, notamment le redoutable triple négatif.
Cuisses et fessiers : une protection inattendue
Bonne nouvelle pour ceux dont les graisses se concentrent dans les zones basses du corps. Les adipocytes des cuisses et des fessiers exercent un effet protecteur contre les cancers du sein et de l’ovaire.
Cette découverte remet en question l’idée selon laquelle toute graisse corporelle serait nécessairement nocive.
Les graisses viscérales, les plus dangereuses
Les tissus adipeux logés entre les organes abdominaux et autour du foie constituent la menace la plus sérieuse. Ils accroissent considérablement le risque de cancer hépatique.
Quant aux graisses infiltrant le pancréas, elles augmentent le risque de cancer de l’endomètre mais réduisent celui de certains cancers colorectaux.
L’IMC, un outil insuffisant pour évaluer les risques
Cette étude met en évidence une véritable “géographie des risques de cancers” selon la localisation des cellules graisseuses dans l’organisme.
Les chercheurs remettent ainsi en cause la pertinence exclusive de l’indice de masse corporelle comme prédicteur des dangers pour la santé. Cet indicateur global ne tient pas compte de la distribution des graisses.
Vers un dépistage personnalisé
Les implications pratiques de cette recherche sont majeures. Les diagnostics futurs devraient intégrer l’analyse précise de la répartition des tissus adipeux pour affiner l’évaluation des risques individuels.
Cette approche permettrait d’identifier plus efficacement les personnes nécessitant une surveillance renforcée ou des interventions préventives ciblées.

