Image default
Finances

Autoroutes : action collective contre les hausses tarifaires jugées illégales

Le modèle économique des sociétés autoroutières françaises se retrouve au cœur d’une bataille juridique sans précédent. Un avocat spécialisé dénonce un système où les usagers payeraient bien au-delà du service réel rendu, au profit des actionnaires.

Une action collective lancée contre les géants de l’autoroute

Me Lèguevaques a décidé de passer à l’offensive en initiant une action collective destinée aux abonnés des autoroutes. Son objectif : faire reconnaître l’illégalité des hausses tarifaires imposées ces dernières années.

Les usagers concernés peuvent rejoindre cette démarche via le site Myleo.legal, jusqu’au 30 juin prochain. L’avocat envisage de porter l’affaire devant le Conseil d’État pour obtenir une décision de justice contraignante.

Si les tribunaux administratifs lui donnent raison, les automobilistes pourraient prétendre à une indemnisation pouvant atteindre 58% des sommes versées.

Un tiers des péages versé directement aux actionnaires

Au cœur de l’accusation figure un constat chiffré : 33% du montant des péages seraient redistribués sous forme de dividendes aux actionnaires des grandes sociétés concessionnaires.

Me Lèguevaques dénonce une disproportion flagrante entre ce que paient les automobilistes et le coût réel du service fourni. Selon lui, cette situation s’apparente à une surfacturation organisée.

Des obligations d’investissement insuffisamment respectées

L’avocat souligne également que les hausses tarifaires sont censées financer des investissements sur le réseau. Or, les obligations contractuelles en la matière ne seraient pas honorées de manière satisfaisante.

Des rapports officiels pointent une rentabilité excessive

Les critiques de Me Lèguevaques ne sortent pas de nulle part. Deux rapports officiels ont déjà épinglé la situation : celui du sénateur Vincent Delahaye en 2020, puis celui de l’Inspection générale des finances en 2021.

Découvrez aussi :  Les conseils pour économiser environ 500 euros dans le mois

Ces documents dénoncent la “surrentabilité” des autoroutes exploitées par Vinci et Eiffage, deux mastodontes du secteur qui concentrent l’essentiel du réseau concédé français.

Pierre Coppey, président de Vinci Autoroutes, a répondu à ces accusations en regrettant l’absence de considérations objectives dans les critiques formulées.

Un système d’indexation automatique contesté

L’un des arguments juridiques majeurs de Me Lèguevaques repose sur l’interdiction de l’indexation automatique des prix sur l’inflation. Cette règle s’applique en principe à tous les tarifs réglementés.

Pourtant, les péages autoroutiers échappent à cet encadrement strict. Une anomalie qui permet aux concessionnaires d’augmenter leurs tarifs année après année.

Une hausse limitée mais régulière

Pour 2026, les péages devaient augmenter de 0,86%, un taux inférieur à l’inflation prévue. Un argument régulièrement mis en avant par les sociétés pour justifier leur politique tarifaire.

Mais selon l’avocat, cette apparente modération cache une réalité économique bien différente : une accumulation d’augmentations qui, sur la durée, enrichit démesurément les concessionnaires au détriment des usagers.

Laissez un commentaire

Postes similaires

Épargne boostée : les comptes à terme franchissent la barre des 3% brut

Kamar

Optimisez vos impôts : la case 2OP, l’astuce pour réduire votre taxation

Kamar

Impôts 2026 : découvrez les nouvelles règles et échéances cruciales

Kamar