Le géant français du pneumatique poursuit sa restructuration aux États-Unis. Une décision lourde de conséquences pour l’Alabama, où plus d’un millier d’emplois sont menacés dans les prochaines années. Cette annonce s’inscrit dans une stratégie de rationalisation face aux défis économiques du secteur.
Une fermeture programmée pour fin 2028
Le site de production BFGoodrich, implanté à Tuscaloosa en Alabama, cessera définitivement ses activités à l’horizon fin 2028. Cette décision du groupe Michelin touche directement environ 1 200 salariés qui travaillent actuellement dans cette unité.
L’entreprise justifie cette fermeture par un fonctionnement en sous-régime chronique. Les capacités de production ne sont plus exploitées à leur plein potentiel, générant des inefficacités structurelles impossibles à maintenir sur le long terme.
Un coût de 220 millions d’euros pour le groupe
La restructuration aura un impact financier considérable. Michelin prévoit d’inscrire une provision d’environ 220 millions d’euros dans ses comptes de 2026 pour couvrir l’ensemble des frais liés à l’arrêt du site.
Cette charge exceptionnelle reflète l’ampleur des opérations nécessaires pour démanteler une installation de cette envergure et accompagner les employés concernés.
La production relocalisée vers l’Indiana
L’activité du site de Tuscaloosa ne disparaîtra pas totalement. La quasi-totalité de la production sera transférée vers Fort Wayne, dans l’Indiana, où Michelin exploite une autre usine américaine.
Une transition progressive dès 2027
Le processus de réduction d’activité sera mis en œuvre progressivement. Dès 2027, l’usine amorcera sa décélération par phases successives pour faciliter la transition.
Cette stratégie vise à créer une structure industrielle plus performante et concentrée, permettant d’optimiser les coûts de production et d’améliorer la compétitivité.
Un engagement social face aux suppressions d’emplois
Face à l’ampleur sociale de cette décision, Michelin s’est engagé à mettre en place un accompagnement individualisé pour chaque salarié touché par la fermeture.
Les modalités précises de cet accompagnement seront définies lors de négociations avec les organisations syndicales. L’objectif affiché est de limiter l’impact humain d’une décision avant tout économique.
BFGoodrich au cœur de la stratégie américaine
La marque BFGoodrich occupe une place particulière dans l’histoire du groupe. Rachetée dans les années 1990, elle représente un pan important de l’implantation de Michelin sur le marché nord-américain.
Aujourd’hui, cette marque historique se trouve au centre d’une restructuration stratégique majeure visant à adapter l’outil industriel aux réalités du marché actuel.
Cette fermeture témoigne des difficultés rencontrées par les grands manufacturiers face à une demande insuffisante sur certains sites de production. La rationalisation devient alors une nécessité pour préserver la compétitivité globale du groupe.

