L’institution du Défenseur des droits, créée il y a maintenant quatorze ans, connaît un afflux sans précédent de sollicitations. Chargée de protéger les usagers des services publics, les enfants, les lanceurs d’alerte et de lutter contre les discriminations, elle fait face à une augmentation spectaculaire de ses missions dans un contexte budgétaire et organisationnel scruté de près par la Cour des Comptes.
Une institution sous pression croissante
Depuis sa mise en place en 2011, le Défenseur des droits ne cesse d’enregistrer une hausse des demandes d’intervention. Les appels téléphoniques ont bondi de manière impressionnante : de 62 244 en 2018, ils atteignent désormais 105 166 en 2025.
Les sollicitations par écrit suivent la même tendance explosive avec une progression de 60% sur la période 2018-2025. Cette croissance reflète une confiance accrue du public envers l’institution, mais aussi l’ampleur des difficultés rencontrées par les citoyens.
Quels domaines concentrent les saisines ?
Le droit des étrangers représente environ 41% des dossiers traités, constituant le premier motif de saisine. La sécurité sociale arrive en deuxième position avec plus d’un quart des demandes.
En revanche, les saisines concernant les discriminations professionnelles ont reculé de 15% entre 2023 et 2024, une évolution qui mérite attention.
Des résultats encourageants en matière de médiation
Malgré le volume important, l’institution parvient à traiter efficacement les dossiers. En 2025, pas moins de 83 993 dossiers ont été clôturés. La médiation reste l’outil privilégié avec un taux de recours de 67%.
Les résultats sont probants : entre 2018 et 2024, 75% des médiations aboutissent à une issue favorable. Ce taux de succès s’appuie notamment sur un réseau de 650 délégués bénévoles répartis sur le territoire.
Des finances sous le regard critique de la Cour des Comptes
Le budget de l’institution a connu une progression significative, passant de 21 millions d’euros en 2018 à 31 millions d’euros en 2025. Une augmentation qui s’accompagne de critiques sévères sur la gestion des ressources humaines.
La question salariale pointée du doigt
La Cour des Comptes n’a pas mâché ses mots concernant les conditions salariales jugées “excessivement favorables”. En 2024, la moitié des agents percevait une rémunération nette mensuelle supérieure à 3 197 euros.
Cette rémunération médiane a progressé de 7,4% en seulement un an, un rythme d’augmentation qui interpelle les magistrats financiers. La pratique consistant à transformer fréquemment les contrats temporaires en CDI fait également l’objet de réserves.
Un changement de direction controversé
François-Noël Buffet a récemment pris les rênes de l’institution, succédant à Claire Hédon. Cette nomination suscite des réactions contrastées dans le monde associatif.
Plusieurs organisations contestent ce choix en raison des positions passées du nouveau Défenseur sur certains sujets de société. Ces réserves posent la question de l’acceptabilité du nouveau responsable auprès des publics qu’il est censé protéger.

