L’affaire semble tout droit sortie d’un roman d’espionnage. Pourtant, elle se déroule bien en France, où une association présentée comme humanitaire fait l’objet d’une enquête sensible menée par le renseignement intérieur. Au cœur des soupçons : des contacts présumés avec les services secrets militaires russes et des projets d’actions hostiles sur le territoire français.
SOS Donbass sous surveillance
Installée à Pau, SOS Donbass se présente officiellement comme une organisation de solidarité auprès des populations de cette région ukrainienne, en partie annexée par Moscou. Mais derrière cette façade humanitaire, la DGSI suspecte une tout autre réalité.
L’association fait désormais l’objet d’une investigation approfondie pour de potentiels échanges clandestins avec le renseignement militaire russe. Un dossier suffisamment grave pour avoir été porté à la connaissance du ministère de l’Intérieur.
Un président mis en examen pour intelligence avec une puissance étrangère
Vincent Perfetti, nationaliste corse à la tête de SOS Donbass, se trouve au centre de cette affaire. Il a été mis en examen pour des accusations d’intelligences avec une puissance étrangère, une qualification criminelle particulièrement rare dans le droit français.
Les enquêteurs ont découvert des conversations sur l’application Telegram entre Perfetti et des individus présentés comme des agents du GRU, le service de renseignement militaire russe. Ces échanges comporteraient des propositions d’opérations de harcèlement visant des entreprises françaises.
Un profil militant au cœur des interrogations
Décrit comme un “Corse de sang, Russe de cœur”, Vincent Perfetti entretient des liens documentés avec diverses organisations pro-russes. Son engagement dans les milieux nationalistes corses complète un portrait qui alimente les soupçons des services de renseignement.
Face au juge d’instruction antiterroriste, l’homme a choisi de garder le silence, refusant de répondre aux questions sur les faits qui lui sont reprochés.
Anna Novikova, la cofondatrice également visée
La fondatrice franco-russe de l’association, Anna Novikova, n’échappe pas aux investigations. Bien qu’elle ne soit pas mise en examen dans le volet concernant directement Perfetti, elle reste dans le collimateur des enquêteurs pour des soupçons d’espionnage.
Son rôle dans la création et le fonctionnement de SOS Donbass fait l’objet d’une attention particulière de la part des services de renseignement français.
Une défense qui dénonce un dossier fantasmé
Me David Bocobza, l’avocat de Vincent Perfetti, rejette catégoriquement les accusations portées contre son client. Il évoque une “lecture purement fantasmée” du dossier et conteste fermement la qualification pénale retenue.
La défense s’emploie à déconstruire la thèse de l’accusation, estimant que les éléments du dossier ne permettent pas de caractériser les infractions reprochées.
Des activités associatives sous un nouveau jour
Les campagnes d’affichage, les manifestations et autres actions publiques menées par SOS Donbass sont désormais réexaminées à l’aune de ces révélations. Ce qui apparaissait comme des initiatives militantes prend une dimension potentiellement plus inquiétante.
L’enquête cherche à déterminer si certaines de ces opérations de communication ne servaient pas, en réalité, des intérêts étrangers plutôt que la simple défense d’une cause humanitaire.
Une affaire aux implications nationales
La sensibilité du dossier explique la discrétion qui entoure l’enquête. Les accusations portées contre Perfetti visent des actes susceptibles de susciter des hostilités contre la France, une dimension qui dépasse largement le cadre d’une simple association locale.
Les autorités françaises surveillent avec attention les ramifications possibles de cette affaire, dans un contexte géopolitique tendu marqué par le conflit ukrainien et les opérations d’influence attribuées à Moscou en Europe.

