Malgré un contexte économique incertain et une concurrence accrue des autres produits d’épargne, le livret A conserve sa position de placement favori des Français. Avec 58 millions de comptes actifs, ce produit d’épargne réglementée continue de séduire les épargnants à travers l’Hexagone, même si sa progression marque le pas.
Un placement qui reste largement plébiscité
Le taux de détention du livret A atteint 83% de la population en 2025, confirmant son statut de placement incontournable. Toutefois, la croissance du nombre de détenteurs ralentit sensiblement, avec une progression limitée à 0,7% sur l’année.
L’encours moyen s’établit à 7 554 euros, révélant des disparités importantes selon les territoires. Ces écarts reflètent des réalités économiques et démographiques contrastées entre les régions françaises.
La géographie de l’épargne : des écarts spectaculaires
Le Sud et la Bretagne en tête du classement
Les départements ruraux du Massif central dominent largement le palmarès des encours moyens. La Lozère arrive en première position avec 9 535 euros, suivie de la Haute-Loire (9 363 euros), de l’Aveyron (9 333 euros) et du Cantal (9 115 euros).
La Bretagne affiche également des niveaux d’épargne élevés : le Finistère enregistre 8 779 euros, le Morbihan 8 718 euros, l’Ille-et-Vilaine 8 576 euros et les Côtes-d’Armor 8 447 euros.
Les territoires où l’épargne est plus faible
À l’inverse, la Seine-Saint-Denis affiche le plus faible encours moyen avec seulement 4 448 euros. Ce département est suivi par le Val-d’Oise (6 072 euros), l’Aisne (6 333 euros), la Haute-Corse (6 510 euros) et la Seine-et-Marne (6 691 euros).
Ces différences s’expliquent notamment par une moindre capacité d’épargne en Seine-Saint-Denis, liée à un niveau de vie médian moins élevé dans ce territoire francilien.
Des évolutions contrastées selon les territoires
La Corse connaît une progression spectaculaire
L’île de Beauté se distingue par une hausse remarquable des encours. La Haute-Corse enregistre une progression de 10,8%, tandis que la Corse-du-Sud affiche une augmentation de 9,3%.
D’autres départements connaissent également une croissance significative : la Vienne (+4,6%), Paris (+4,3%) et la Drôme (+4,1%) complètent ce tableau positif.
Quelques départements en repli
Seuls quatre territoires enregistrent une baisse de leurs encours moyens. Le Territoire de Belfort et l’Ain reculent de 0,6%, la Nièvre de 1,1%.
La Seine-Saint-Denis subit la plus forte chute avec une diminution de 11,2%, confirmant les difficultés économiques de ce département.
Comment expliquer ces disparités régionales ?
Les professionnels du secteur bancaire apportent des éclairages sur ces variations territoriales. « Les clients ont pu ouvrir leur compte dans un département, puis déménager sans changer de conseiller clientèle ni de guichet (cas de nombreux Bretons) », précisent-ils.
Ce phénomène de mobilité géographique, particulièrement marqué chez les Bretons qui conservent leurs attaches bancaires d’origine, explique partiellement les encours élevés observés dans l’Ouest. Les disparités reflètent aussi des différences de pouvoir d’achat et de culture de l’épargne selon les régions.

