Le monde de l’esthétique sort du silence. Loin des clichés glamour, les professionnelles de la beauté subissent quotidiennement des violences sexistes et sexuelles de la part de certains clients. Un tabou qui commence à se fissurer grâce à la mobilisation collective.
Une parole qui se libère sur les réseaux sociaux
Le hashtag #BalanceTonInstitut fait écho au mouvement #MeToo dans le secteur de l’esthétique français. Les témoignages affluent, révélant une réalité méconnue du grand public.
Ces professionnelles décrivent des situations où elles sont confrontées à des comportements sexuels inappropriés pendant leurs prestations. Une omerta longtemps maintenue par la précarité du secteur.
Des actes déplacés qui se multiplient
Les victimes rapportent des demandes de “finitions” déplacées lors des épilations. Certains hommes exhibent leur nudité de manière volontaire et adoptent des attitudes à caractère sexuel.
Selon les témoignages, cette insistance s’est intensifiée depuis la pandémie de Covid-19. Les limites professionnelles sont régulièrement franchies.
Confusion entre soin esthétique et service sexuel
Plusieurs clientes racontent avoir été sollicitées pour des gestes sexuels explicites. Ces demandes révèlent une confusion volontaire entre leur métier et la prostitution.
“On m’a dit que ce qui m’arrivait était normal car j’étais jolie”, relate un des témoignages poignants recueillis dans le cadre du mouvement.
Un problème ignoré par la hiérarchie
Sonia, une esthéticienne qui préfère conserver l’anonymat, souligne le manque de reconnaissance institutionnelle. Elle dénonce l’ignorance des responsables politiques face à cette problématique.
Les gérants d’instituts eux-mêmes minimisent parfois ces violences. Cette absence de soutien hiérarchique aggrave la vulnérabilité des victimes.
Des solutions concrètes en développement
Face à cette situation alarmante, Julie Guinot a créé “Voix d’esthétique”. Cette initiative vise à établir un réseau d’instituts labellisés engagés contre les VSS.
Formation et protection des professionnelles
L’association propose des formations spécifiques sur les violences sexistes et sexuelles. L’objectif : équiper les esthéticiennes d’outils pour identifier et réagir face aux agresseurs.
Les militantes réclament également la désignation de responsables habilités à refuser l’accès aux clients problématiques. Le dépôt de mains courantes doit être systématisé.
La précarité comme facteur aggravant
La fragilité économique du secteur constitue un obstacle majeur. Beaucoup d’esthéticiennes hésitent à refuser un client par peur de perdre leur emploi.
Cette dépendance financière les rend particulièrement vulnérables aux comportements abusifs. Le mouvement appelle à une prise de conscience collective pour protéger ces travailleuses.

