La tension sur le marché immobilier saintais pousse la municipalité à frapper fort. Avec près de 1 400 logements vides et des délais d’attente record pour accéder à un toit, les élus ont décidé de prendre les grands moyens. Une mesure fiscale inédite va bouleverser le paysage locatif de la ville charentaise.
Une arme fiscale au service du logement
Le conseil municipal de Saintes a tranché le 2 juillet dernier. À partir de 2027, les propriétaires de logements inoccupés depuis au moins deux ans devront s’acquitter d’une taxe particulièrement dissuasive.
Cette nouvelle imposition se substituera aux dispositifs existants, la taxe sur les logements vacants et la taxe d’habitation sur les logements vacants. Elle s’inscrit dans le cadre d’une réforme nationale prévue par la loi de finances pour 2026.
Le taux appliqué ? Le maximum autorisé par la législation pour les communes situées hors zones tendues : 50% de la valeur locative du bien. Un montant calculé non pas sur le prix de vente, mais sur le loyer théorique que pourrait générer le logement.
Un territoire sous pression locative
Les chiffres justifient l’urgence de la situation. La ville compte environ 9% de logements vacants sur l’ensemble de son parc immobilier, soit quelque 1 400 biens inoccupés.
Dans le même temps, près de 1 600 demandes de logement restent sans réponse. Les petites surfaces, T1 et T2, sont particulièrement recherchées, tandis que les délais pour obtenir un logement social peuvent atteindre 24 mois.
Les propriétaires concernés
Tous les logements vides ne seront pas frappés par cette taxation. Les biens dont la vacance échappe au contrôle du propriétaire bénéficieront d’une exemption.
La durée d’inoccupation avant le 1er janvier 2027 sera prise en compte pour déterminer la première imposition. Les propriétaires ont donc encore le temps d’agir pour éviter cette pénalité.
La volonté politique affichée
Bruno Drapron, maire de la ville, assume pleinement cette approche offensive. « C’est une taxe pour inciter… à mettre en location ou vendre », déclare-t-il sans ambiguïté.
La municipalité mise sur l’effet dissuasif de cette mesure pour débloquer des centaines de logements et soulager la pression sur le marché locatif local.
Des voix s’élèvent contre la mesure
La Chambre des propriétaires de Charente-Maritime ne partage pas cet enthousiasme. L’organisation professionnelle conteste frontalement l’efficacité de l’approche fiscale choisie.
« C’est un raisonnement simpliste… il faut des mesures incitatives et non punitives », martèle la Chambre. Selon elle, la taxation ne résoudra pas les causes profondes de la vacance immobilière.
Le débat sur l’efficacité
La controverse dépasse le cadre saintais. L’efficacité des mesures fiscales pour résoudre la crise du logement divise économistes et acteurs de l’immobilier.
Certains plaident pour des mesures incitatives complémentaires : subventions à la rénovation, accompagnement administratif des propriétaires, simplification des normes. D’autres estiment que seule la contrainte financière peut faire bouger les lignes.
Rendez-vous en 2027 pour mesurer les premiers effets concrets de cette politique volontariste sur le territoire saintais.

