L’arrêt maladie peut parfois réserver de fâcheuses surprises aux employeurs. En Allemagne, une affaire rocambolesque illustre les limites à ne pas franchir lorsqu’on se prétend cloué au lit pour raisons de santé. Entre certificat médical, soirée endiablée et intelligence artificielle, cette histoire prend une tournure inattendue.
Une double vie découverte par hasard
Un mécanicien exerçant dans un garage de Hanovre avait obtenu un certificat médical pour bronchite. Légitimement dispensé de se présenter à son poste, il aurait dû rester chez lui pour se rétablir. Mais le destin en a décidé autrement.
Le soir même de son arrêt, l’homme s’est retrouvé derrière les platines d’une discothèque locale. Manque de chance pour lui, son employeur, un certain Torsten S., faisait justement partie de la clientèle ce soir-là.
Des preuves accablantes immortalisées
Face à cette scène surréaliste, le patron n’a pas hésité. Il a saisi son téléphone pour photographier son employé en pleine action, mixant devant une foule de fêtards. Ces clichés ont rapidement servi de fondement à une procédure disciplinaire.
Une lettre de licenciement pour faute grave a été adressée au mécanicien peu de temps après. L’employeur estimait que cette activité nocturne constituait une violation manifeste des obligations liées à l’arrêt maladie.
ChatGPT comme témoin numérique
L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais une fouille de l’ordinateur professionnel a révélé des éléments troublants. L’employé y avait laissé des traces de conversations avec l’intelligence artificielle ChatGPT.
Dans l’une d’elles, il avait écrit “Ich bin an sich gesund” (“Je suis en bonne santé”). Une déclaration pour le moins embarrassante dans le contexte d’un arrêt pour maladie respiratoire.
Plus surprenant encore, après avoir été démasqué, le mécanicien s’est de nouveau tourné vers ChatGPT. Cette fois pour solliciter des conseils juridiques afin de contester son licenciement.
Un débat juridique complexe
L’affaire a naturellement atterri devant les instances judiciaires. Les juges devront trancher plusieurs questions épineuses. S’agissait-il d’une activité professionnelle dissimulée ou d’un simple passe-temps récréatif?
Un autre point crucial concerne l’impact de cette soirée sur la guérison du salarié. Mixer dans un environnement enfumé et bruyant pouvait-il compromettre son rétablissement d’une bronchite?
Aucun arrangement à l’amiable
Une première audience de conciliation a été organisée entre les parties. Mais les positions sont restées irréconciliables, rendant impossible tout accord à l’amiable.
Le dossier devra donc être examiné en profondeur par le tribunal des prud’hommes. La décision finale n’est pas attendue avant le début de l’année 2027, laissant planer l’incertitude sur l’issue de cette affaire pour plusieurs années.
Des enjeux dépassant le cas individuel
Cette histoire soulève des interrogations plus larges sur les droits et devoirs pendant un arrêt maladie. Si le repos est évidemment requis, jusqu’où s’étendent les restrictions d’activités?
La jurisprudence devra préciser les contours acceptables des loisirs durant une convalescence. Un précédent qui pourrait influencer de nombreux litiges similaires dans l’avenir.

