La fonction publique traverse une nouvelle crise sociale. Alors que l’inflation continue de peser sur le pouvoir d’achat, l’exécutif refuse toute revalorisation générale des traitements pour l’année à venir. Une décision qui provoque la colère unanime des organisations représentatives des agents de l’État.
Un statu quo qui passe mal
Le gouvernement a tranché : il n’y aura pas d’augmentation du point d’indice pour les fonctionnaires en 2026. Cette décision s’appuie sur une contrainte budgétaire majeure.
Selon les calculs de Bercy, une hausse de seulement 1 % du point d’indice engendrerait une dépense supplémentaire d’environ 2,4 milliards d’euros. Un montant jugé incompatible avec l’état actuel des finances publiques françaises.
Une réunion qui tourne court
Face à cette annonce, la réaction syndicale n’a pas tardé. Pas moins de huit organisations ont quitté la table des négociations en signe de protestation.
Parmi elles figurent la CGT, la CFDT, l’Unsa, la FSU, Solidaires, la CFE-CGC, FO et la FA-FP. Un départ collectif qui illustre le fossé grandissant entre l’administration et ses représentants.
Luc Farré, de l’Unsa-Fonction publique, n’a pas mâché ses mots en qualifiant cette rencontre d’« acte manqué ».
Des revendications ignorées
Les syndicats pointent du doigt l’absence totale de réponse concrète aux difficultés quotidiennes des agents. La hausse du coût de la vie érode progressivement leur pouvoir d’achat.
Autre sujet d’inquiétude : le tassement progressif des grilles salariales. Ce phénomène réduit les écarts entre les différents échelons et niveaux de qualification.
Une mobilisation en vue
Déterminées à se faire entendre, les organisations syndicales appellent à une journée de mobilisation nationale fixée au 29 septembre prochain.
Leurs revendications portent sur deux axes majeurs : des mesures concrètes concernant les rémunérations et une amélioration substantielle des conditions de travail dans la fonction publique.
Les syndicats s’opposent également à la suppression envisagée d’une prime destinée à soutenir le pouvoir d’achat des agents publics.
Des mesures ciblées en guise de compromis
Pour compenser l’absence de revalorisation générale, le gouvernement propose une approche différente. Il mise sur des mesures individualisées plutôt qu’une hausse uniforme.
Quelles alternatives sur la table ?
L’exécutif envisage plusieurs dispositifs pour 2026. Une meilleure reconnaissance de l’expérience professionnelle figure parmi les pistes évoquées.
L’évolution des taux de promotion pour certaines catégories constitue un autre levier. Les catégories B, C ainsi que les attachés seraient concernés en priorité.
Une extension possible de ce dispositif aux autres corps de la catégorie A est également à l’étude. Cette orientation privilégie clairement les avancements individuels aux augmentations collectives.
Une proposition insuffisante pour les syndicats
Malgré ces propositions, les représentants du personnel restent sur leur faim. Ils jugent ces mesures largement insuffisantes face à l’ampleur de la crise du pouvoir d’achat.
Les organisations maintiennent leur exigence d’une revalorisation globale des salaires de la fonction publique. Le bras de fer social ne fait que commencer.

