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Data centers en France : pilier de souveraineté ou dépendance masquée ?

Dans un monde où l’intelligence artificielle s’impose comme un outil du quotidien, la question de la maîtrise des données devient cruciale. Entre promesses de souveraineté numérique et réalité du terrain, l’implantation de centres de données hexagonaux soulève autant d’espoirs que d’interrogations. La localisation géographique suffit-elle vraiment à garantir notre indépendance face aux géants technologiques mondiaux ?

Une infrastructure devenue indispensable

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un tiers des adultes des pays de l’OCDE utilise désormais l’intelligence artificielle générative. Cette révolution numérique entraîne des besoins exponentiels en stockage et traitement de données.

La filière française des data centers ambitionne de se positionner comme un pilier de l’économie numérique. L’objectif affiché ? Garder la main sur nos informations dans un contexte de modes de vie toujours plus connectés.

L’État au chevet de la filière

Emmanuel Macron a annoncé des “procédures facilitées pour les projets de datacenters” afin de “faire de la France une puissance de l’IA”. Ces mesures comprennent notamment l’accélération des règles d’urbanisme local.

Les porteurs de projets peuvent aussi bénéficier d’avantages pour “sécuriser les dérogations à la protection des espèces” et “garantir un raccordement rapide au réseau électrique”. Un coup de pouce gouvernemental qui traduit l’importance stratégique accordée au secteur.

Au-delà du simple hébergement de données

Des enjeux de sécurité nationale

Lors du sommet parisien sur l’intelligence artificielle en février 2025, le terme “souveraineté” occupait une place centrale. Justine Van Minden, cofondatrice d’Intellectis et spécialiste des enjeux numériques, rappelle que “l’autonomie stratégique numérique consiste à conserver la capacité de faire des choix, de choisir ses dépendances et d’en changer”.

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Pour cette experte, investir dans des infrastructures hexagonales constitue “un enjeu industriel et stratégique” car “rester maître de nos données est primordial”. Elle identifie trois enjeux majeurs : la confidentialité, la disponibilité et l’intégrité.

Les risques liés à la dépendance étrangère

Justine Van Minden alerte : “À l’échelle d’un État, c’est la sécurité nationale qui peut être en jeu”. Les prestataires internationaux peuvent “couper ou restreindre l’accès à un service, volontairement, sous contrainte juridique ou à la suite d’une crise”.

Elle ajoute que “la dépendance à un prestataire implique également un risque de modification, de falsification ou de suppression des données”. Des menaces concrètes qui dépassent la simple question économique.

La géolocalisation ne fait pas tout

Un centre de données implanté sur le territoire français n’offre aucune garantie absolue. Si des sociétés étrangères l’exploitent ou l’équipent, le risque d’ingérence demeure bien réel.

Cyrielle Chatelain, cheffe du groupe Écologiste et social à l’Assemblée, réclame un “moratoire immédiat sur les data centers qui ne contribuent pas à notre souveraineté”. Elle dénonce un “modèle prédateur construit par et pour les Big Tech au détriment de notre démocratie, notre économie, nos droits et notre santé”.

L’alternative libre et open source

La députée écologiste plaide pour un modèle fondé sur des technologies libres et ouvertes. Une approche qui se veut radicalement différente de la domination actuelle des géants technologiques.

Des acteurs français en première ligne

À Castres, l’entreprise IMS Networks développe des data centers souverains. Son directeur général, Sacha Hilic, constate que “les offres sont massivement portées par des technologies américaines, et que l’intelligence artificielle sino-américaine domine”.

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Il estime qu’il est “de notre responsabilité de réduire petit à petit nos dépendances vis-à-vis des modèles étrangers”. L’entreprise ne recourt à aucune externalisation.

“Tout est fait ici”, affirme le dirigeant, illustrant une démarche d’intégration complète de la chaîne de valeur sur le territoire national.

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