Chaque année en novembre, des milliers d’internautes se lancent un défi singulier : s’abstenir de toute éjaculation pendant trente jours. Ce phénomène viral, né sur les réseaux sociaux, soulève aujourd’hui des questions auprès des professionnels de santé qui s’interrogent sur sa pertinence médicale.
Un défi viral qui rassemble des dizaines de milliers d’adeptes
Le No Nut November, littéralement “Pas d’éjaculation en novembre”, impose une règle simple mais stricte. Les participants doivent éviter toute forme d’éjaculation durant l’intégralité du mois.
Concrètement, cela implique de bannir aussi bien la masturbation que les rapports sexuels susceptibles de provoquer une éjaculation involontaire. Une discipline qui attire une communauté grandissante sur les plateformes en ligne.
Apparu pour la première fois en 2010, ce challenge a connu une véritable explosion de popularité à partir de 2017 sur Reddit. La page dédiée à cet événement compte désormais plus de 110 000 abonnés, témoignant de l’ampleur du phénomène.
Des risques physiologiques pointés par les spécialistes
Le Dr Antoine Faix se montre particulièrement critique face à cette pratique. Selon lui, cette abstinence prolongée n’apporte aucun avantage psychologique et n’est pas sans conséquences sur le plan physique.
La qualité du sperme en question
L’urologue alerte notamment sur un effet méconnu : la dégradation de la qualité du sperme. D’après ses observations, celle-ci commence à s’amoindrir au bout de quatre à cinq jours sans éjaculation.
De son côté, le Dr Ala Chebbi, chirurgien urologue et andrologue, adopte une position plus nuancée. Il confirme qu’aucune preuve scientifique n’a démontré de bénéfices particuliers, mais également d’effets négatifs majeurs liés à un mois d’abstinence.
Une mode qui détourne l’attention des vrais enjeux de santé
Pour les participants, l’objectif reste avant tout de démontrer leur volonté ou leur courage face à ce défi personnel. Mais cette motivation interroge les professionnels de santé.
Le Dr Antoine Faix estime que l’énergie mobilisée autour de ce challenge pourrait être bien mieux investie. Il suggère qu’un tel mouvement serait plus pertinent s’il se concentrait sur la sensibilisation aux pathologies génitales masculines, les consultations dédiées à la santé sexuelle ou encore le dépistage du cancer.
Un détournement de la prévention médicale
Cette critique souligne le décalage entre un phénomène viral sans fondement médical et les véritables enjeux de santé publique masculine, souvent négligés ou tabous.
Face à l’engouement pour des défis ludiques sur internet, les spécialistes appellent à privilégier une approche responsable de la santé sexuelle plutôt que des pratiques sans base scientifique.

