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Finances

Présidentielle : le Crédit Mutuel refuse de financer sans garantie étatique

Le financement des campagnes présidentielles s’annonce compliqué pour les prétendants à l’Élysée. Une problématique qui concerne particulièrement certaines formations politiques, déjà confrontées par le passé à des difficultés pour trouver des établissements bancaires prêts à leur accorder des prêts.

Une décision motivée par l’absence de garanties parlementaires

Daniel Baal, directeur du Crédit Mutuel et président de la Fédération bancaire française (FBF), a annoncé une position sans équivoque : son établissement ne financera aucun candidat à la course à l’Élysée.

La raison invoquée ? L’absence de garantie explicite votée par le Parlement. Une décision qui marque un tournant, alors que la banque avait participé au financement de campagnes lors de précédentes élections.

Marine Le Pen et le RN particulièrement concernés

Cette annonce constitue un coup dur pour Marine Le Pen et le Rassemblement national, qui rencontrent traditionnellement des obstacles majeurs pour obtenir des prêts bancaires.

Par le passé, le parti d’extrême droite avait dû se tourner vers l’étranger : un emprunt contracté en Russie en 2014, puis auprès d’une institution bancaire hongroise pour la campagne de 2022.

Un risque non assurable selon les banques

Selon M. Baal, “le vrai risque non assurable est celui de l’invalidation des comptes de campagne (…) qui peut toucher des candidats de premier plan”. Ce scénario constitue la principale inquiétude des établissements financiers.

Le dirigeant a rappelé qu’“il n’existe pas de droit au crédit”, tout en soulignant que “d’une manière générale, les banques françaises ont affiché leur volonté de participer à la bonne marche du pluralisme”.

Des montants considérables en jeu

L’élection présidentielle “revêt un caractère particulier, notamment par rapport aux montants de prêts élevés qui sont nécessaires pour le financement” d’une campagne, précise le banquier.

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Ces sommes importantes justifient aux yeux des établissements bancaires une couverture étatique du risque encouru.

Matignon tente de trouver une solution

À la mi-juillet, une réunion s’est tenue à Matignon entre le cabinet du Premier ministre et des représentants bancaires. L’objectif : explorer la possibilité d’un accord collectif où l’État couvrirait partiellement le risque de non-recouvrement.

Cette initiative gouvernementale vise également à prévenir toute ingérence étrangère dans le processus électoral français.

Une garantie étatique réclamée par la FBF

La Fédération bancaire française demande officiellement une garantie de l’État contre le risque d’invalidation des comptes de campagne. Sans cette sécurité juridique, le Crédit Mutuel ne participera pas au dispositif envisagé.

Le silence des autres établissements bancaires

Sollicités sur leur position, BNP Paribas, le Crédit Agricole et le groupe BPCE n’ont pas donné suite aux demandes de commentaires.

La Banque Postale et la Société Générale ont également refusé de s’exprimer sur le sujet. Seul le groupe Société Générale a justifié sa politique : la banque “ne finance pas les partis politiques depuis de nombreuses années” “en application des standards habituels de gestion des risques en matière d’octroi de crédits et de conformité”.

Pour rappel, la Société Générale était l’ancienne banque du Front national (ancien nom du RN) avant de fermer les comptes du parti fin 2017.

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