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Finances

SCPI : des milliers d’euros bloqués, investisseurs piégés par le manque de liquidité

Placer son épargne dans des sociétés civiles de placement immobilier semble être une solution d’investissement attractive. Mais derrière les promesses de rendement, la liquidité des parts peut rapidement devenir un casse-tête pour les épargnants souhaitant récupérer leur argent. L’histoire de M. X illustre parfaitement les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les investisseurs.

Un placement immobilier qui bloque l’épargne

Les SCPI à capital variable comportent un risque de liquidité souvent sous-estimé par les investisseurs. Pour récupérer son capital, deux conditions doivent être réunies : qu’un nouvel acquéreur se porte acheteur des parts ou que la société dispose d’une trésorerie suffisante.

Le mécanisme est simple en apparence. Les demandes de rachat sont enregistrées dans un registre selon leur ordre d’arrivée. Le remboursement s’effectue ensuite au fur et à mesure des nouvelles souscriptions.

Dans les faits, ce système peut générer des délais d’attente considérables, laissant les épargnants sans accès à leur capital pendant des mois, voire des années.

Une attente qui s’éternise depuis mars 2025

M. X a sollicité le rachat de ses parts en mars 2025. À ce moment-là, 43 900 parts le précédaient dans la file d’attente. Un nombre déjà conséquent qui laissait présager un délai important.

Mais la situation s’est encore aggravée. En août, le nombre de parts ayant la priorité sur les siennes avait grimpé à 52 000. Une progression incompréhensible pour l’investisseur.

Un recul dans la file d’attente qui interroge

Cette régression apparente s’explique par la régularisation de demandes antérieures. Certains dossiers, en attente de documents complémentaires, ont été finalisés après la demande de M. X.

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Ces régularisations ont mécaniquement repoussé sa position dans le registre, même si sa demande initiale datait bien de mars. Un processus qui a déconcerté l’épargnant.

Près de 45 000 euros immobilisés

M. X a placé 44 895 euros dans ces parts de SCPI. Une somme substantielle qui reste aujourd’hui inaccessible depuis deux ans.

Cette longue période d’attente témoigne des tensions actuelles sur le marché des SCPI. Les demandes de sortie dépassent largement les nouvelles entrées de capitaux.

L’AMF précise les règles du jeu

Face aux interrogations de M. X sur la transparence du processus, l’Autorité des marchés financiers est intervenue. Elle a rappelé que le règlement autorise la société de gestion à définir des conditions spécifiques pour les demandes de retrait.

L’AMF a également confirmé qu’aucune demande postérieure au 18 mars 2025 n’avait dépassé celle de M. X dans le classement. Le recul observé provenait exclusivement de la finalisation de dossiers déposés avant cette date.

Une procédure jugée opaque

Malgré ces explications, M. X considère que la procédure manque de transparence. Les investisseurs ne disposent pas toujours d’une visibilité claire sur les délais réels de rachat.

Cette situation soulève des questions sur l’information préalable donnée aux épargnants lors de la souscription. Le risque de blocage de l’épargne est-il suffisamment mis en avant ?

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