L’ancien animateur de la matinale de France Inter revient dans le paysage médiatique avec un projet intimiste et bouleversant. Ce n’est plus derrière un micro en direct qu’on le retrouve, mais dans un podcast profondément personnel où il dévoile les coulisses de son combat contre la maladie mentale.
Un retour sur Radio France sous une forme inédite
Nicolas Demorand fait son retour au sein de Radio France, mais pas comme on l’attendait. Le journaliste lance “Si besoin”, un podcast qui marque un tournant radical dans sa carrière.
Ce format lui permet d’aborder frontalement un sujet encore tabou : sa bipolarité, diagnostiquée il y a plusieurs années, et son récent passage à l’hôpital.
Une hospitalisation sans consentement qui marque un tournant
Dans le “Grand Entretien” de Benjamin Duhamel, l’ancien présentateur revient sur une période particulièrement éprouvante de sa vie. Il évoque une aggravation soudaine de son état qui a conduit à une hospitalisation sans son accord.
“Une manifestation brutale et violente de sa maladie”, décrit-il avec émotion, révélant l’intensité de cette crise qui l’a privé de sa liberté de choix.
La privation de liberté et ses symboles
L’expérience hospitalière a confronté Nicolas Demorand à une réalité difficile à accepter : l’impossibilité de décider pour lui-même. Les restrictions imposées, même les plus symboliques comme l’interdiction des lacets, ont pesé lourdement sur son moral.
Cette perte d’autonomie représente pour lui l’un des aspects les plus durs de ce passage en institution psychiatrique.
Des hallucinations marquantes durant son séjour
Le journaliste raconte avoir vécu sa première expérience hallucinatoire pendant cette hospitalisation. Des visions troublantes l’ont assailli, mêlant réalité et délire.
Il évoque notamment la présence imaginaire de la BRI et du GIGN, ainsi qu’une apparition nocturne particulièrement surréaliste de Dominique de Villepin dans sa chambre.
“Si besoin” : un titre qui résonne avec son parcours
Le choix du titre de son podcast n’est pas anodin. “Si besoin” fait directement référence à la gestion médicamenteuse des patients bipolaires, cette marge de liberté laissée à l’autoévaluation de leur état.
Cette expression symbolise la capacité des malades à ajuster eux-mêmes leur traitement selon leurs ressentis, un pouvoir de décision précieux dans un contexte où l’autonomie peut être fortement limitée.
L’illusion de la parole comme thérapie
Dans ses confidences, Nicolas Demorand questionne également une idée reçue : celle selon laquelle parler ouvertement de sa maladie mentale constituerait en soi une forme de guérison.
Une réflexion qui invite à nuancer le discours parfois simplificateur sur la libération par la parole.
Un avenir professionnel repensé
Le journaliste l’affirme clairement : il ne reprendra pas l’animation de la matinale. Cette décision découle d’une prise de conscience nécessaire concernant sa santé fragile.
Avec son historique d’hospitalisations et sa condition bipolaire, Nicolas Demorand reconnaît la nécessité de préserver son équilibre, quitte à renoncer à des formats médiatiques éprouvants.
Son podcast représente ainsi une nouvelle voie, plus adaptée à ses contraintes de santé tout en lui permettant de continuer à exercer son métier de journaliste.

