Le trafic de bronze dans les nécropoles touche de pleine fouet les familles en deuil. Ornements funéraires, statuettes commémoratives : rien n’échappe aux pillards qui transforment le recueillement des proches en cauchemar. À Laval, la justice vient de frapper fort contre deux hommes accusés d’avoir systématiquement dévalisé des sépultures.
Une série de profanations dans deux départements
Les deux prévenus, originaires de Roumanie et âgés de 32 et 34 ans, comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Laval pour une série impressionnante de délits. Pas moins de quinze cimetières ont été ciblés entre la Mayenne et l’Ille-et-Vilaine.
Six sites funéraires mayennais et neuf bretons ont été victimes de leurs agissements. Au total, 84 statuettes et ornements en bronze ont disparu des tombes, des objets chargés de symboles et de souvenirs pour les familles endeuillées.
Des peines sévères prononcées par la justice
Le verdict est tombé avec fermeté. Le plus âgé des deux hommes écope de deux ans et demi de prison ferme, assorti d’un mandat de dépôt immédiat. Son complice, lui, se voit infliger trois ans d’emprisonnement ferme, également avec incarcération directe.
Mais la sanction ne s’arrête pas là. Les deux condamnés devront verser plus de 70 000 euros de dommages et intérêts aux victimes pour tenter de réparer le préjudice moral et matériel causé.
Des réquisitions initiales encore plus sévères
Le ministère public avait pourtant réclamé des sanctions encore plus lourdes. Les procureurs requéraient respectivement cinq et quatre ans de prison ferme, accompagnés d’une interdiction de séjour sur le territoire français.
Un mode opératoire méthodique dévoilé
Selon le parquet de Laval, les prévenus sont poursuivis pour “vols en réunion, accompagnés de dégradations et de violations de sépultures”. Les investigations ont révélé une approche quasi-industrielle du pillage funéraire.
Lors de leur interpellation début mai par les gendarmes, les suspects ont reconnu les faits en garde à vue. C’est grâce à l’exploitation de leurs téléphones portables que les forces de l’ordre ont pu remonter jusqu’à eux et établir l’étendue de leurs méfaits.
Un butin volatilisé pour une misère
Le contraste entre le préjudice subi et le profit réalisé illustre l’absurdité de ces actes. Les experts ont évalué les dommages à 27 000 euros lors de l’audience, prenant en compte la valeur des objets volés et le coût de leur remplacement.
Pourtant, les pillards n’ont tiré qu’environ 2 000 euros de la revente de leur butin. Les objets dérobés n’ont jamais été retrouvés, privant définitivement les familles de ces symboles irremplaçables.
Une mobilisation massive des victimes
Sur les 60 victimes potentielles identifiées par l’enquête, 49 se sont constituées parties civiles au procès. Cette mobilisation témoigne de l’ampleur du traumatisme provoqué par ces violations de sépultures.
Des récidivistes déjà connus de la justice
Le parcours judiciaire des deux condamnés aggrave considérablement leur situation. Installés en France depuis plusieurs années, ils n’en étaient pas à leur coup d’essai.
Les deux hommes avaient déjà été condamnés par le passé pour des faits similaires, ce qui démontre une persistance dans ce type de délinquance lucrative et particulièrement choquante pour les familles endeuillées.

