Les territoires d’altitude français viennent de franchir une étape législative majeure. Le Parlement a validé un texte ambitieux destiné à mieux répondre aux défis spécifiques que rencontrent ces zones souvent isolées et confrontées à des contraintes géographiques importantes.
Un vote largement approuvé au Sénat
Le 21 juillet, les parlementaires ont définitivement adopté la proposition de loi consacrée à la montagne. Au Sénat, le texte a recueilli un soutien massif avec 325 voix favorables contre seulement 16 oppositions.
Cette large approbation témoigne d’un consensus politique autour de la nécessité d’adapter les politiques publiques aux réalités montagnardes.
Des mesures concrètes pour les zones d’altitude
Éducation et transport scolaire repensés
La réforme inclut une adaptation de la carte scolaire aux particularités montagnardes. Désormais, les critères d’isolement et les temps de transport seront intégrés dans l’organisation de l’offre éducative.
L’objectif est d’améliorer l’accès à la scolarité pour les enfants vivant dans des secteurs reculés.
Renforcement des services de santé
Le volet sanitaire constitue un autre axe majeur du dispositif. Le texte prévoit notamment le développement de transports sanitaires aériens d’urgence pour garantir une meilleure prise en charge médicale.
Urbanisme et gestion hydraulique
La loi s’attaque également aux questions d’urbanisme et de ressources en eau. Elle propose un assouplissement des règles d’urbanisme et introduit de nouvelles dispositions concernant la gestion de l’eau.
Le gouvernement salue une avancée historique
Michel Fournier, ministre délégué à la Ruralité, a exprimé sa satisfaction. Il considère ce texte comme un prolongement naturel de la loi fondatrice de 1985, qui consacre le principe de différenciation territoriale.
Pour l’exécutif, cette législation répond aux défis liés à la pente, à l’enclavement et à l’isolement des territoires montagneux.
Les écologistes dénoncent une vision dépassée
Du côté des opposants, les écologistes ont vivement critiqué certaines dispositions du texte. Leur principale inquiétude porte sur un article facilitant la création de retenues collinaires sans établir de hiérarchie dans les usages de l’eau.
Guillaume Gontard, président des Écologistes au Sénat, a vertement réagi : « La raréfaction de la neige fragilise déjà le ski alpin en moyenne montagne. Non, la réponse ne réside ni dans plus de canons à neige, ni dans de nouveaux équipements ».
Il plaide pour une transition écologique immédiate, estimant que le modèle économique actuel de la montagne doit être profondément repensé face aux changements climatiques.

