Alors que les cours du pétrole connaissent une baisse significative, la question du plafonnement des prix à la pompe divise le réseau des stations-service françaises. Le géant pétrolier TotalEnergies annonce une stratégie différenciée selon les territoires.
Une mesure ciblée pour les zones rurales
Le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a confirmé la poursuite d’un dispositif de limitation tarifaire spécifiquement destiné aux stations implantées en milieu rural. Cette décision concerne un nombre important d’établissements à travers le pays.
Actuellement, ces points de vente commercialisent leurs carburants à des tarifs supérieurs par rapport au reste du réseau national. Une situation qui s’explique par des contraintes économiques particulières.
Plus d’un tiers du réseau concerné
Sur les 3.300 stations-service que compte le réseau TotalEnergies sur le territoire français, plus de 1.200 établissements restent sous le coup de cette mesure protectrice. Cela représente environ un tiers de l’ensemble des points de distribution.
Les raisons d’un maintien sélectif
Les stations rurales présentent des caractéristiques spécifiques qui justifient ce traitement particulier. Leur faible volume de consommation constitue un handicap économique majeur dans un contexte de forte volatilité des prix.
Ces établissements ont dû constituer des stocks à des prix élevés en raison du conflit en Iran. Cette situation les empêche de répercuter immédiatement la baisse des cours mondiaux du pétrole brut sur leurs tarifs à la pompe.
La fin du plafonnement pour la majorité du réseau
La chute des prix du baril rend obsolète le système de plafonnement dans la plupart des stations françaises. Le dispositif initial fixait le maximum à 1,99 euro par litre pour l’essence et 2,25 euros pour le gazole.
Désormais, 2.300 stations ne sont plus soumises à cette limitation. Leurs prix affichent une fourchette comprise entre 1,80 et 1,90 euro le litre, rendant l’intervention du groupe moins nécessaire.
Les déclarations du dirigeant
Patrick Pouyanné a justifié cette évolution de stratégie par une analyse pragmatique du marché : « Donc, notre intervention n’est plus légitime à ce niveau-là », a-t-il déclaré concernant les stations aux prix déjà compétitifs.
Néanmoins, le PDG a tenu à rassurer les territoires les plus fragiles : « S’il y a des zones du territoire, je pense aux zones rurales (…) qu’il faut continuer à protéger, (…) nous maintiendrons la mesure pour les zones en question ».
Une approche territoriale différenciée
Cette stratégie à deux vitesses illustre la volonté du groupe pétrolier de concilier logique économique et équité territoriale. Les zones rurales bénéficient ainsi d’un filet de sécurité tarifaire adapté à leurs contraintes spécifiques.

