Dans l’Hérault, un couple de personnes âgées atteintes d’Alzheimer a été victime d’un détournement massif de fonds. Trois personnes, dont une aide à domicile de confiance, sont poursuivies pour avoir systématiquement pillé les comptes bancaires de ces victimes vulnérables pendant plusieurs mois.
Une confiance trahie de la pire des manières
Les faits remontent au retour du Portugal de deux octogénaires, âgés de 84 et 85 ans, contraints de rentrer en France pour des raisons de santé. Tous deux souffrent de la maladie d’Alzheimer, une pathologie qui les rend particulièrement vulnérables.
Après une installation temporaire dans un appartement de location, le couple finit par s’installer au domicile de leur employée. Cette dernière, qui n’était pas déclarée, avait initialement été recommandée par une entreprise d’aide à domicile en milieu rural.
Un pillage en règle orchestré par trois complices
Le stratagème mis en place par les suspects s’avère particulièrement bien rodé. L’employée non déclarée, son compagnon et une collègue ont utilisé frauduleusement la carte bancaire des victimes pour effectuer des achats, des retraits d’espèces et des virements.
Ces opérations frauduleuses ont été dirigées vers des comptes directement liés aux trois suspects. La seconde employée impliquée aurait également procédé à des virements à son propre profit, élargissant ainsi le cercle de l’escroquerie.
Des opérations qui se poursuivent même après le placement en Ehpad
Le plus choquant dans cette affaire réside dans la persévérance des escrocs. Même après le placement du couple en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, les mouvements suspects sur les comptes bancaires ont continué.
C’est cette anomalie qui a finalement alerté la famille en novembre 2025, lorsque les enfants des victimes ont découvert les relevés bancaires.
Une enquête qui révèle l’ampleur du préjudice
Immédiatement après la découverte des faits, les proches ont déposé plainte. Le Service local de police judiciaire de Sète a pris l’affaire en main et a mené une enquête approfondie.
Les investigations ont permis d’établir le montant total du préjudice subi par le couple : 103 780 euros dérobés. Une somme considérable qui représente probablement l’épargne d’une vie entière.
Trois interpellations et une comparution programmée
Le 29 juillet, les trois suspects ont été placés en garde à vue. Ils devront répondre de leurs actes devant la justice pour des faits qualifiés d’“abus de faiblesse”.
Leur comparution est programmée devant le tribunal judiciaire de Montpellier le 4 mars 2027. Ils devront s’expliquer sur l’exploitation systématique de la vulnérabilité d’un couple sans défense.
Une affaire qui soulève des questions sur la protection des personnes âgées
Ce dossier illustre dramatiquement les risques auxquels sont exposées les personnes atteintes de maladies neurodégénératives. L’absence de déclaration de l’employée principale soulève également des interrogations sur les contrôles et la surveillance des aides à domicile.
La famille des victimes attend désormais que justice soit rendue pour ce couple d’octogénaires qui, déjà affaiblis par la maladie, ont vu leur patrimoine dilapidé par ceux-là mêmes qui devaient les assister.

