La campagne pour les élections européennes de juin 2024 continue de faire parler d’elle. Non pas pour ses résultats, mais pour la facture présentée aux contribuables. Le tribunal administratif de Paris vient de trancher : certaines dépenses ne passeront pas.
Un caviardage judiciaire sur les frais de campagne
La cour administrative de Paris a refusé le remboursement de 240 000 euros sur une demande totale de 4,13 millions d’euros. Une décision qui pointe du doigt des dépenses jugées inappropriées pour être supportées par l’argent public.
Le leader du Rassemblement National, qui avait pourtant réalisé un score historique de 31,4 % des suffrages, se voit ainsi contraint d’assumer personnellement une partie substantielle de ses frais de campagne.
Du champagne et des billets d’entrée dans le viseur
Des achats œnologiques contestés
Parmi les dépenses refusées figurent 50 kits de dégustation achetés au Printemps des vins de Blaye pour un montant de 400 euros. Mais c’est surtout une bouteille de champagne à 88 euros, offerte au dirigeant espagnol Santiago Abascal, qui a retenu l’attention des magistrats.
Le Salon de l’agriculture au prix fort
Près de 800 euros ont été déboursés pour des entrées au Salon de l’agriculture. Une somme que la justice administrative refuse de faire peser sur les contribuables français.
Sécurité et confort : les postes les plus onéreux
Le volet sécuritaire représente la part la plus importante des refus. Plus de 66 000 euros consacrés à la protection rapprochée de Jordan Bardella ont été écartés du remboursement.
S’ajoutent à cela près de 4 000 euros de frais de chauffeur privé pour des trajets quotidiens, ainsi que 13 000 euros de frais de restauration. Des montants jugés excessifs par les magistrats parisiens.
Un précédent qui interroge
Cette décision intervient dans le cadre strict de l’encadrement des dépenses électorales. Elle rappelle que tous les frais engagés durant une campagne ne sont pas automatiquement éligibles au remboursement public, même pour un candidat ayant obtenu un score électoral significatif.
Le tribunal a ainsi tracé une ligne claire entre les dépenses de campagne légitimes et celles relevant du confort personnel ou protocolaire, renvoyant ces dernières à la charge du parti ou du candidat.

