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Finances

Licencié pour avoir couru un marathon : la justice annule et sanctionne l’employeur

L’histoire pourrait sembler invraisemblable, pourtant elle vient de faire jurisprudence. Un employé d’une agence de voyages néerlandaise a vu son licenciement invalidé par la justice après avoir participé à une course de 42 kilomètres durant son congé de santé. Une décision qui relance le débat sur les limites de l’activité physique autorisée pendant un arrêt de travail.

Une surveillance par détective privé qui tourne mal pour l’employeur

Recruté en juillet 2024, l’agent de voyages avait dû interrompre son activité professionnelle quelques mois plus tard, en décembre. La cause : des troubles oculaires liés à une maladie musculaire chronique qui l’empêchaient d’exercer normalement ses fonctions.

Passionné de course à pied, le salarié avait pourtant pris soin d’informer le médecin du travail de sa volonté de poursuivre son entraînement sportif malgré son arrêt. Une transparence qui ne lui a pas évité d’être placé sous surveillance.

L’entreprise, suspectant une incompatibilité entre l’état de santé déclaré et la pratique sportive intensive, a engagé une agence de détectives privés pour suivre les faits et gestes de son employé.

Le marathon de Rotterdam au cœur du litige

En avril 2025, le salarié a franchi la ligne d’arrivée du marathon de Rotterdam. Pour son employeur, la preuve était faite : impossible d’être inapte au travail tout en étant capable de courir une telle distance.

La décision ne s’est pas fait attendre. L’agence de voyages a procédé au licenciement de son employé, convaincue du bien-fondé de sa démarche. Mais c’était sans compter sur la réaction de la justice néerlandaise.

Les tribunaux tranchent en faveur du coureur

Dès septembre 2025, le tribunal de Rotterdam a invalidé le licenciement. Les magistrats ont souligné un point crucial : la capacité à courir un marathon ne démontre en rien l’aptitude à reprendre une activité professionnelle.

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Les médecins du travail avaient formellement déclaré le salarié inapte à reprendre son poste. Cette évaluation médicale a pesé lourd dans la balance judiciaire.

La Cour d’appel de La Haye a ensuite confirmé cette position, estimant que l’employeur avait clairement abusé de son droit de licencier.

Une facture salée pour l’agence de voyages

Les conséquences financières sont lourdes pour l’entreprise. Elle devra verser plus de 60 000 euros d’indemnités au salarié lésé.

À cette somme s’ajoutent environ 3 000 euros pour salaires impayés et plus de 5 000 euros pour frais de justice. Le montant total dépasse ainsi 68 000 euros.

Activité physique et arrêt maladie : où placer le curseur ?

Cette affaire soulève une question délicate : jusqu’où peut-on pratiquer une activité physique lorsqu’on est en arrêt de travail ? La réponse n’est pas uniforme et dépend de plusieurs facteurs.

Les règles varient considérablement selon les pays. Elles dépendent également de la pathologie concernée, des prescriptions médicales établies et des restrictions spécifiquement mentionnées sur l’arrêt.

Le cas français présente des similitudes

En France comme aux Pays-Bas, pratiquer une activité sportive pendant un arrêt de travail ne constitue pas automatiquement une fraude. L’essentiel réside dans la compatibilité entre l’activité pratiquée et l’état de santé du patient.

Les recommandations médicales font office de ligne directrice. Un arrêt pour dépression peut tout à fait s’accompagner d’une activité physique modérée, voire encouragée par le corps médical pour ses vertus thérapeutiques.

Cette jurisprudence néerlandaise rappelle aux employeurs qu’ils ne peuvent se substituer à l’expertise médicale pour évaluer la capacité de travail de leurs salariés, même lorsque les apparences semblent contradictoires.

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