Alors que la France doit impérativement réduire son déficit public, le gouvernement explore différentes options fiscales. Parmi elles, la reconduction d’une taxation exceptionnelle sur les plus grandes sociétés françaises devient une hypothèse de plus en plus crédible.
Une contribution de plusieurs milliards dans le viseur de Bercy
Le ministère de l’Économie envisage sérieusement de maintenir la contribution exceptionnelle frappant les bénéfices des grands groupes. Cette mesure fiscale concerne approximativement 300 entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 1,5 milliard d’euros.
Les estimations tablent sur un rendement de 7,3 milliards d’euros pour l’année en cours. Une manne financière non négligeable dans le contexte budgétaire actuel, marqué par la nécessité de ramener le déficit sous la barre des 3% d’ici 2029.
Des déclarations qui confirment la tendance
Selon un proche du gouvernement interrogé par Les Echos, “Le maintien de la surtaxe d’impôt sur les sociétés à taux plein, comme cette année, ne fait guère de doute.” Une affirmation qui traduit l’orientation probable des arbitrages budgétaires.
Une autre source liée au ministère de l’Économie a confirmé aux Echos que “La surtaxe d’IS reconduite fait en effet partie des hypothèses sur la table.”
Prudence officielle de l’exécutif
Malgré ces indiscrétions, Bercy maintient une position prudente. Le ministère rappelle que “Plusieurs pistes sont étudiées, mais rien n’est arbitrée.”
Sur le réseau social X, Sébastien Lecornu, Premier ministre, a tempéré les spéculations : “Le budget pour 2027 est encore en préparation ; les véritables décisions seront annoncées lorsqu’elles auront été prises, en transparence.”
Le ministre de l’Économie reste évasif
Interrogé sur BFMTV au sujet d’une éventuelle suppression de cette surtaxe, Roland Lescure s’est montré évasif. “Non, je ne peux pas vous dire ça”, a répondu le ministre de l’Économie.
Il a précisé que toute orientation dépendrait “d’un équilibre global et d’un budget global qu’il va falloir négocier”. Une déclaration qui laisse entrevoir d’âpres discussions à venir.
Le patronat monte au créneau
Sans surprise, les représentants du monde économique manifestent leur opposition farouche. Patrick Martin, président du Medef, a été catégorique dans les colonnes de La Tribune : “On y est totalement opposés !” au maintien de cette fiscalité sur les grandes entreprises.
Cette résistance patronale intervient dans un contexte budgétaire particulièrement contraint, où la réduction du déficit public est redevenue une priorité absolue pour le gouvernement.
Des arbitrages encore à venir
Aucune décision définitive n’a été entérinée à ce jour. Les prochaines semaines seront déterminantes pour connaître le sort réservé à cette contribution exceptionnelle.
Entre impératifs budgétaires et pression du monde économique, l’exécutif devra trancher dans un équilibre délicat pour construire le budget 2027.

