L’affaire met en lumière les limites de la responsabilité d’un salarié face aux risques imprévisibles sur un chantier. Un professionnel des Vosges, victime d’un accident du travail, s’est retrouvé licencié par son employeur qui lui reprochait un manquement aux règles de sécurité. La justice vient de trancher en sa faveur.
Un accident inattendu sur un chantier vosgien
Le 27 août 2024, un artisan plombier intervient sur un chantier dans les Vosges pour découper un tuyau d’évacuation. L’opération, en apparence ordinaire, tourne au drame : l’ouvrier reçoit une décharge électrique violente. La raison ? Des câbles électriques dissimulés à l’intérieur même de la canalisation.
Une situation totalement imprévisible pour le professionnel, qui ne pouvait deviner la présence de cette installation électrique non conforme. Après le choc, il tente d’alerter immédiatement sa hiérarchie.
Un licenciement contesté devant la justice
Quelques semaines après l’incident, l’employeur décide de rompre le contrat de travail. Le motif invoqué : un manquement aux règles de sécurité. Selon la direction, le salarié n’aurait pas suffisamment vérifié les lieux avant d’effectuer son intervention.
Le plombier refuse cette version des faits. Il assure avoir respecté l’ensemble des consignes et maintient avoir prévenu ses supérieurs dès que l’accident s’est produit. Direction : le Conseil de prud’hommes.
La justice donne raison au salarié
Un licenciement jugé infondé
Les juges prud’homaux ont analysé l’ensemble du dossier et rendu leur verdict : le licenciement est sans cause réelle et sérieuse. L’institution estime que le professionnel ne peut être tenu responsable d’une situation qu’il ne pouvait anticiper.
Le tribunal a également reconnu que l’artisan avait bien tenté de joindre sa hiérarchie le jour même de l’électrisation. Un élément déterminant dans la décision finale.
Des indemnités substantielles à verser
L’employeur devra s’acquitter d’une somme totale de 37 121 euros d’indemnités au profit de l’ancien salarié. S’ajoutent à cela 2 000 euros pour couvrir les frais de justice engagés.
La décision prévoit également le remboursement des allocations chômage perçues par le plombier, dans la limite maximale de six mois.
Une demande rejetée sur le volet sécurité
Malgré cette victoire, le professionnel n’a pas obtenu gain de cause sur tous les points. Sa demande de dommages et intérêts pour manquement de l’employeur à son obligation de sécurité a été rejetée.
Les magistrats ont estimé que l’entreprise ne pouvait être tenue responsable d’une installation électrique non conforme dont elle ignorait l’existence. Un argument qui a convaincu le conseil de prud’hommes sur ce point précis.

