Les propriétaires qui louent des biens meublés vont vivre une véritable révolution fiscale. Le régime de faveur qui permettait jusqu’ici de bénéficier d’avantages conséquents vient de disparaître. Entre nouvelles règles et hausses de prélèvements, l’addition pourrait doubler pour certains.
Un bouleversement majeur du régime fiscal
Fini le temps où les loueurs en meublé profitaient d’un système avantageux. Jusqu’à présent, un abattement forfaitaire de 50% s’appliquait sur les recettes annuelles, dans la limite de 77 700 euros, et ce sans avoir à tenir de comptabilité.
Maître Frédéric Anglade, avocat spécialisé, l’affirme sans détour : « Avant la réforme, il y avait quatre catégories de loueurs meublés. Maintenant, il n’y en a plus que deux ». Une simplification en apparence, mais qui cache une réalité bien plus contraignante pour la majorité des bailleurs.
Les Airbnb saisonniers dans le viseur
Les propriétaires de meublés de tourisme non classés, qui représentent la majorité des locations Airbnb saisonnières, sont les plus touchés. Le seuil d’application du régime micro-BIC chute drastiquement : il passe de 77 700 euros à seulement 15 000 euros par an.
Mais ce n’est pas tout. L’abattement forfaitaire, lui aussi, fond comme neige au soleil : de 50%, il tombe à 30%. Résultat : la facture fiscale peut passer du simple au double pour cette catégorie de loueurs.
Locations longue durée et meublés classés : un alignement sur de nouvelles bases
Des seuils qui varient selon le type de location
Pour les locations meublées longue durée, bonne nouvelle relative : les seuils et abattements restent identiques pour la déclaration 2025, soit 77 700 euros et 50% d’abattement.
Les meublés de tourisme classés conservent également leur seuil à 77 700 euros. En revanche, leur abattement diminue significativement, passant de 71% à 50% pour la déclaration des revenus 2025.
Le cas particulier des chambres d’hôtes
Les exploitants de chambres d’hôtes voient leur situation se durcir. Le seuil descend de 188 700 euros à 77 700 euros pour la déclaration 2025. Leur abattement, comme pour les meublés classés, passe de 71% à 50%.
À noter qu’en 2026, pour la déclaration des revenus de cette même année, le seuil sera revalorisé à 83 600 euros pour les meublés classés et chambres d’hôtes.
Le basculement vers le régime réel : un casse-tête administratif
Comment déterminer son régime fiscal ?
Attention aux pièges : le régime applicable dépend des recettes des années antérieures, pas de l’année en cours. Maître Frédéric Anglade l’explique clairement : « Pour bénéficier du régime micro-BIC, il faut regarder 2024 ou 2023 : vous deviez avoir, sur l’une de ces deux années, des recettes en dessous du seuil. »
Concrètement, si vos revenus locatifs ont dépassé 15 000 euros en 2023 et 2024, vous basculerez automatiquement au régime réel pour l’imposition des revenus de 2025.
Les contraintes du régime réel
Ce régime implique une charge administrative considérable. Il faut tenir une comptabilité rigoureuse et déduire l’ensemble des charges réelles. Souvent, faire appel à un expert-comptable devient indispensable.
Néanmoins, ce système présente un avantage : il permet d’amortir « les biens, les travaux, et les achats de meubles au-delà de 500 euros », ce qui peut s’avérer bénéfique dans certaines situations.
Une liasse fiscale spécifique doit être télétransmise sur le site impots.gouv.fr, via l’espace professionnel, avant le 5 mai 2026.
Hausse des prélèvements sociaux : le coup de grâce
Comme si ces changements ne suffisaient pas, les prélèvements sociaux sur les revenus de location meublée grimpent de 17,2% à 18,6% en 2026. Les locations non meublées, elles, échappent à cette hausse.
Pour mesurer l’impact réel, prenons l’exemple d’un loueur au régime micro-BIC avec 12 000 euros de recettes annuelles et une tranche marginale d’imposition à 30%. Son imposition globale bondit d’environ 2 800 euros pour les revenus 2024 à plus de 4 000 euros pour les revenus 2025.

