L’ombre de Mohamed Al-Fayed continue de planer sur le palace parisien. Plus de quinze ans après les faits présumés, une victime présumée américaine rompt le silence et met en cause le célèbre établissement. Son témoignage s’inscrit dans une affaire d’ampleur internationale qui révèle un système organisé d’exploitation.
Une plainte déposée à Paris contre l’ancien propriétaire du palace
Pelham Spong, 42 ans, originaire de Caroline du Sud, a porté plainte contre Mohamed Al-Fayed pour agression sexuelle. Les faits se seraient déroulés en 2008 à Paris, dans le cadre d’un prétendu recrutement professionnel.
L’Américaine accuse directement le Ritz d’avoir eu connaissance de l’utilisation de l’hôtel comme lieu de “sélection” de femmes. Selon sa plainte, elle pensait postuler pour un poste d’assistante de direction avant de découvrir la réalité du système mis en place.
Un processus de recrutement révélateur d’un mécanisme organisé
Dans les documents judiciaires, Pelham Spong détaille les étapes qui ont suivi son embauche supposée. Elle évoque notamment une semaine d’orientation à Londres, durant laquelle elle aurait été soumise à un examen médical inapproprié.
C’est Al-Fayed lui-même qui l’aurait informée de la véritable nature du poste, accompagnant ses révélations d’avances forcées. Cette description correspond aux témoignages d’autres victimes présumées recueillis au fil de l’enquête.
Une expertise psychologique dans le cadre de l’enquête française
Fin mars dernier, la plaignante a été expertisée par un psychologue. Cette démarche s’inscrit dans l’enquête ouverte par le parquet de Paris pour traite d’êtres humains, visant l’ancien magnat égyptien.
Son avocate, Anne-Claire Le Jeune, souligne l’importance cruciale de cette expertise. Elle permet de corroborer les déclarations des plaignantes et d’apporter un éclairage sur le traumatisme subi.
Un réseau de victimes étendu
Pelham Spong affirme connaître une trentaine de femmes victimes du même système. Elle évoque la “douleur multipliée” que représente chaque nouveau récit pour les survivantes.
Une enquête française pour identifier les complices potentiels
Le parquet de Paris a lancé ses investigations à l’été 2025. L’objectif : démanteler le réseau présumé et identifier les éventuels complices qui auraient facilité ces agissements.
Cette enquête représente un espoir pour de nombreuses plaignantes déçues par la réponse des autorités britanniques. Elle pourrait faire la lumière sur des décennies de silence institutionnel.
Des révélations médiatiques qui relancent l’affaire
C’est une enquête de la BBC en septembre 2024 qui a remis cette affaire sur le devant de la scène. Le documentaire a permis à de nombreuses victimes de s’exprimer publiquement.
Mohamed Al-Fayed, décédé en 2023 à l’âge de 94 ans, n’a jamais eu à répondre de ces accusations devant la justice. Les plaintes au Royaume-Uni concernaient des agissements présumés s’étalant sur plus de 35 ans.
154 témoignages recueillis par la police londonienne
En février 2026, Scotland Yard a annoncé avoir collecté les témoignages de 154 victimes présumées. Mais l’institution fait face à de vives critiques pour avoir minimisé les faits pendant des années.
Les réactions des entreprises mises en cause
Le Ritz s’est déclaré en février “profondément attristé par les témoignages”. L’établissement affirme être prêt à “coopérer pleinement” avec les autorités judiciaires.
Du côté de Harrods, le grand magasin londonien autrefois possédé par Al-Fayed, un processus d’indemnisation a été mis en place pour les victimes présumées.

