Les tensions au Liban ont franchi un nouveau cap dramatique avec la mort de plusieurs membres des forces de maintien de la paix et de militaires de différentes nationalités. Face à l’escalade meurtrière qui secoue la région depuis début mars, la communauté internationale s’alarme et multiplie les appels au respect du droit humanitaire.
Un Conseil de sécurité convoqué en urgence
À l’initiative de Paris, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit ce mardi à 10H (14H GMT) pour examiner la situation critique. Cette session extraordinaire fait suite au décès tragique de trois soldats indonésiens de la FINUL dans le sud du territoire libanais, ainsi qu’à la mort de quatre militaires israéliens.
La France, qui a requis cette réunion d’urgence, dénonce des “incidents gravissimes” par la voix de son ministre des Affaires étrangères.
Un lourd bilan humain pour les forces de l’ONU
Les pertes au sein de la Force intérimaire des Nations Unies sont particulièrement préoccupantes. Deux soldats indonésiens ont trouvé la mort lundi suite à “une explosion d’origine inconnue ayant détruit leur véhicule près de Bani Hayyan”, à proximité de la frontière.
Un troisième Casque bleu indonésien avait déjà perdu la vie dimanche dans des circonstances similaires à la zone frontalière avec Israël. Deux autres soldats ont été blessés lors de l’incident de lundi. La FINUL a ouvert une enquête pour élucider ces événements tragiques.
Une mission de paix déployée depuis 1978
La Force intérimaire des Nations Unies est présente dans le sud libanais depuis 1978. Elle compte près de 8.200 soldats provenant de 47 pays différents, dont un contingent français.
Des militaires de toutes nationalités touchés
Les Casques bleus ne sont pas les seules victimes de cette escalade. Quatre soldats israéliens ont également été tués, portant à 10 le nombre total de militaires israéliens morts depuis la reprise des hostilités le 2 mars. Trois d’entre eux appartenaient à une brigade de reconnaissance et sont tombés “au combat” lundi.
L’armée libanaise déplore quant à elle la mort d’un soldat lundi près de Tyr, sur la côte sud. Elle qualifie cet événement de première “agression israélienne” contre un barrage militaire depuis le début du mois de mars.
Le Hezbollah dans la ligne de mire
Trois membres du mouvement pro-iranien ont été éliminés lundi lors d’une frappe ciblée visant un immeuble bordant la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah. Cette opération s’inscrit dans une série d’actions militaires israéliennes d’envergure.
L’armée israélienne mène des frappes massives sur le territoire libanais et conduit une profonde incursion terrestre dans le sud. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a ordonné l’élargissement de la “zone de sécurité” au Liban.
Des enquêtes en cours
Tsahal assure enquêter sur les décès des Casques bleus et appelle à “ne pas présumer” qu’elle en serait responsable. Selon un communiqué publié sur Telegram : “Ces incidents font l’objet d’un examen approfondi afin d’en clarifier les circonstances et de déterminer s’ils résultent d’une activité du Hezbollah ou de l’armée israélienne”.
Une population civile sous la menace
Des avis d’évacuation ont été adressés aux habitants de plusieurs localités du sud et de l’est du Liban, incluant la région de la Békâa-Ouest. Des médias d’État ont rapporté des frappes aériennes dans ces zones.
Depuis le 2 mars, les frappes israéliennes ont fait plus de 1.200 morts et plus de 3.600 blessés, selon le ministère de la Santé libanais. Ces chiffres témoignent de l’intensité des opérations militaires menées.
Le Hezbollah revendique des contre-attaques
Le mouvement chiite a revendiqué plusieurs attaques contre des positions israéliennes dans le sud du Liban. Il affirme également avoir lancé des missiles contre une base des services de renseignement située dans la banlieue de Tel-Aviv.
Ces actions s’inscrivent dans une stratégie de représailles, le Hezbollah ayant attaqué Israël le 2 mars en réponse à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans une frappe à Téhéran.
Des appels internationaux au respect du droit
Le ministère de la Défense indonésien, via Jakarta, a réitéré mardi son appel : “Toutes les parties au conflit sont instamment priées de respecter le droit international humanitaire et d’assurer la sécurité du personnel de maintien de la paix”.
Paris a également dénoncé des “intimidations de la part de soldats de l’armée israélienne” subies “par le contingent français de la Finul dans la zone de Naqoura” dimanche.
Le président libanais en quête de dialogue
Le président Joseph Aoun a condamné toute “atteinte” à la FINUL. Il a déclaré poursuivre ses “contacts internationaux (…) pour faire avancer le processus menant à des négociations avec Israël”, dans l’espoir de parvenir à une désescalade.

