Le combat pour la reconnaissance d’une femme exceptionnelle franchit une étape décisive. Alors que Félix Éboué repose au Panthéon depuis 1949, l’engagement se poursuit pour que son épouse, Eugénie Éboué-Tell, rejoigne le temple républicain. Cette infirmière de la Résistance, première députée noire de France, incarne un pan méconnu de l’histoire nationale.
Le ministère des Outre-mer s’engage officiellement
La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a confirmé sa détermination à faire aboutir ce dossier historique. Une salle du ministère a été inaugurée au nom du couple Éboué, marquant une étape symbolique importante.
Selon Guillaume Villemot, biographe de cette figure oubliée, « le dossier est à l’Élysée ». La décision finale appartient désormais à la présidence de la République.
Un parcours exceptionnel au service de la France
Née en 1891 à Cayenne, Eugénie Éboué-Tell a marqué l’histoire par son engagement sans faille. Infirmière à Brazzaville durant la Seconde Guerre mondiale, elle a servi la France libre avec courage et détermination.
Son opposition au régime de Vichy lui a valu d’être condamnée à mort par contumace. Un prix qu’elle était prête à payer pour ses convictions républicaines.
Une pionnière de la représentation politique
En octobre 1945, elle entre dans l’histoire en devenant députée de Guadeloupe. Elle était alors la seule femme noire parmi les 33 premières femmes élues à l’Assemblée nationale.
Sa carrière politique s’est ensuite poursuivie au Sénat et au Conseil économique et social, où elle a continué de défendre ses idéaux.
Une mobilisation citoyenne touchante
Les élèves du collège qui porte son nom à Saint-Laurent-du-Maroni ont adressé une lettre au président de la République. Cette initiative illustre l’attachement des nouvelles générations à cette figure exemplaire.
Un documentaire intitulé « Eugénie Éboué-Tell, une héroïne française » sera projeté le 24 septembre prochain, contribuant à faire connaître son histoire.
Un couple uni dans l’histoire et bientôt dans l’éternité
Félix Éboué, gouverneur du Tchad, a été le premier à rallier ce territoire à la France libre en août 1940. Son entrée au Panthéon en 1949 avait consacré son rôle historique.
La ministre Naïma Moutchou a tenu à souligner l’égalité de leur engagement : « Elle n’était ni dans son ombre ni à sa suite. Elle était à ses côtés. »
Le souhait d’une famille enfin exaucé
Marie-Françoise Éboué, épouse du plus jeune fils du couple, a prêté des photographies pour une exposition commémorative. Elle rappelle que le transfert au Panthéon était le vœu de Ginette, la fille d’Eugénie et Félix.
Cette panthéonisation représenterait un acte de justice historique, rendant enfin hommage à une femme dont le courage et l’engagement méritent la reconnaissance nationale.

