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Poutine alerté : l’économie menacée par la surenchère militaire

La priorité donnée au secteur militaire inquiète jusqu’au sommet de l’État. Un haut responsable russe tire la sonnette d’alarme sur les risques d’un déséquilibre économique majeur, dans un contexte de guerre qui s’éternise et de croissance en berne.

Un conseiller du Kremlin lance un avertissement solennel

Boris Titov, envoyé spécial de Vladimir Poutine pour les objectifs de développement durable auprès des organisations internationales, n’y va pas par quatre chemins. L’économie du pays pourrait devenir “incontrôlable” si le gouvernement persiste dans sa stratégie actuelle.

Le risque principal ? Une focalisation excessive sur le complexe militaro-industriel au détriment des autres secteurs. Une orientation qui pourrait mener l’économie à sa perte selon le conseiller présidentiel.

L’équilibre entre civil et militaire rompu

Pour Boris Titov, la solution réside dans un savant dosage. “Les économies militaires et civiles ont toujours coexisté en symbiose partout dans le monde”, rappelle-t-il.

Il poursuit : “De nombreuses inventions techniques utiles à tous sont nées au sein du complexe militaro-industriel. L’essentiel est de maintenir cet équilibre.” Un équilibre qui semble aujourd’hui sérieusement compromis.

Une croissance économique au ralenti

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La croissance économique russe ne devrait atteindre que 0,4 % cette année, un niveau particulièrement faible qui traduit les difficultés structurelles du pays.

Cette stagnation s’explique notamment par l’atonie des secteurs non militaires, complètement délaissés au profit de l’industrie d’armement. Les frappes ukrainiennes contre les raffineries et les infrastructures d’exportation aggravent encore la situation.

Des voix critiques de plus en plus audibles

Sergueï Sobianine, maire de Moscou, avait lui aussi exprimé ses inquiétudes le mois dernier. Pour lui, “tuer une économie normale équivalait à tuer le pays entier”, une formule choc qui résonne comme un appel à la raison.

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Les conséquences d’une parole trop libre

Critiquer ouvertement la gestion économique du conflit peut coûter cher. Cet été, le chef économiste de la VEB, la banque de développement de l’État, en a fait les frais.

Il a été limogé après avoir vertement critiqué l’état de l’économie et les répercussions de la guerre en Ukraine. En mai dernier, il avait déclaré : “Nous avons une illusion que tout va s’effondrer là-bas (en Ukraine, Ndlr). Rien ne s’est effondré, et rien ne s’effondrera. Nos coûts, eux, grandissent.”

Un constat lucide qui n’a manifestement pas été du goût des autorités, illustrant les limites de la liberté d’expression sur les questions économiques sensibles.

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