Le géant automobile français se retrouve sur le banc des accusés. Après Volkswagen, Renault devient le deuxième constructeur à devoir répondre de ses pratiques en matière d’émissions polluantes devant la justice française. Une procédure qui ravive le souvenir du retentissant scandale du Dieselgate et qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la pollution automobile.
Une audience fixée pour avril 2027
Le tribunal a programmé l’audience de fixation au 1er avril 2027. Cette date marque une étape décisive dans une affaire qui s’inscrit dans le cadre plus large des investigations sur les émissions des véhicules diesel.
Renault devra se défendre contre des accusations de “tromperie aggravée” concernant les niveaux réels de pollution de ses modèles diesel. L’affaire concerne spécifiquement des véhicules conformes aux normes Euro 5 et Euro 6.
Des calibrages suspects entre 2009 et 2017
Les enquêteurs reprochent au constructeur d’avoir délibérément ajusté ses véhicules pour réussir les tests officiels. Cette optimisation aurait permis de respecter les seuils lors des homologations, tout en dépassant largement les limites en usage réel.
Cette pratique présumée concerne des modèles commercialisés sur une période de huit années consécutives, de 2009 à 2017. Les normes Euro 5 et Euro 6, censées limiter les émissions polluantes, auraient ainsi été contournées.
Une stratégie collective selon le parquet
Le ministère public évoque une “stratégie assumée d’optimisation” qui aurait été adoptée de façon “collégiale” au sein de l’entreprise. Cette dimension collective renforce la gravité des accusations portées contre le groupe automobile.
Des conséquences sanitaires potentiellement graves
Au-delà de l’aspect juridique, les enjeux sanitaires sont majeurs. Le calibrage suspecté aurait contribué à augmenter les émissions d’oxydes d’azote dans l’atmosphère.
Ces polluants sont directement associés au développement de pathologies respiratoires chez les populations exposées. L’impact sur la santé publique constitue un élément central du dossier d’accusation.
Quatre constructeurs dans le viseur de la justice
Renault n’est pas seul concerné par les investigations sur les émissions diesel. Volkswagen, Peugeot-Citroën et Fiat Chrysler figurent également parmi les quatre constructeurs visés par les enquêtes en France.
Toutefois, seuls Volkswagen et désormais Renault ont franchi l’étape du renvoi en procès, plaçant le constructeur français dans une position particulièrement délicate.
La défense affiche sa détermination
Face à ces accusations, Renault a immédiatement réagi en annonçant qu’il défendra “son innocence, le professionnalisme et l’éthique de ses 100 000 collaborateurs”.
Cette déclaration met en avant la dimension humaine et sociale de l’affaire. Le groupe entend démontrer que ses équipes ont agi dans le respect des règles et de la déontologie professionnelle.
Le procès à venir promet d’être un moment crucial pour l’industrie automobile française et pour la crédibilité des normes environnementales européennes.

