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Finances

Taxe sur les surprofits : six pays européens défient les géants du pétrole

Face à l’explosion des prix des carburants et aux bénéfices records des compagnies pétrolières, six États membres de l’Union européenne montent au créneau. Une initiative qui rappelle les mesures d’urgence adoptées durant la crise énergétique de 2022.

Une coalition européenne pour taxer les surprofits

L’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, l’Autriche, la Pologne et le Portugal s’apprêtent à soumettre une demande commune aux instances européennes. Leur objectif : instaurer un prélèvement exceptionnel sur les bénéfices extraordinaires engrangés par les géants du pétrole.

Cette taxation permettrait de financer des dispositifs d’aide destinés à alléger la facture énergétique des consommateurs, durement touchés par la flambée des prix à la pompe.

Des bénéfices colossaux en perspective

Les chiffres donnent le vertige. BP, Chevron, Eni, ExxonMobil, Shell et TotalEnergies pourraient afficher environ 45 milliards de dollars de bénéfices nets rien qu’au deuxième trimestre 2026.

Sur l’ensemble de l’année, Oxfam estime ces profits à 147 milliards de dollars. Des montants qui alimentent le débat sur la redistribution des gains exceptionnels générés par la crise.

Une crise géopolitique qui enflamme les marchés

Le contexte géopolitique actuel bouleverse l’équilibre du marché pétrolier. La guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran provoque des turbulences majeures sur l’approvisionnement mondial.

Les conséquences sont immédiates : le pétrole a bondi de 25%, tandis que le diesel européen s’est envolé de 70%. L’essence, de son côté, affiche une hausse de 20%.

Les raffineurs en première ligne

Les perturbations dans les capacités de raffinage ont mécaniquement gonflé les marges des raffineurs. Une situation qui contribue à creuser l’écart entre les coûts de production et les prix à la consommation.

Découvrez aussi :  Accord historique USA-Iran : le CAC 40 s'envole, le pétrole dégringole

Les déclarations politiques se multiplient

Lars Klingbeil, représentant de l’Allemagne, exige que les bénéfices excessifs liés à la crise soient reversés aux consommateurs. Une position qui ne fait toutefois pas l’unanimité outre-Rhin.

Le gouvernement allemand lui-même est divisé sur la question, avec des désaccords manifestes entre le ministre des Finances et la ministre de l’Économie.

Les prochaines étapes à Bruxelles et Dublin

La coalition des six pays souhaite inscrire ce sujet à l’ordre du jour de la réunion des ministres européens des Finances les 18 et 19 septembre à Dublin.

Parallèlement, Bruxelles est appelée à accélérer son investigation sur les marges pratiquées par les raffineries européennes. Une enquête qui pourrait éclairer les décisions à venir.

Un précédent existe déjà

L’idée d’une taxation exceptionnelle n’est pas nouvelle. En 2022, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, une taxe similaire avait été mise en place pour faire face à la crise énergétique.

Les discussions actuelles portent sur l’établissement d’un cadre européen pérenne pour réguler les bénéfices exceptionnels réalisés par les pétrolières en période de crise.

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